Ma démarche

Je n’ai jamais opposé le rationnel et le sensible.

Mon parcours s’est construit entre ces deux dimensions : une approche structurée, nourrie par l’analyse, la technique et la compréhension des espaces, et une sensibilité profonde à ce qui se ressent dans un lieu. Cette double lecture guide aujourd’hui mon travail.

Lire l’espace avant d’agir

Avant de transformer, je commence par observer. Comprendre la circulation. Observer la lumière naturelle. Lire les proportions, les équilibres, les tensions.

Au-delà de l’esthétique, je m’attache à la structure invisible de l’espace : celle qui influence notre manière d’habiter, de nous concentrer, de nous apaiser ou de nous mettre en mouvement. Chaque projet commence par cette étape essentielle : prendre le temps de lire l’espace.

Concevoir des lieux justes

Je ne cherche pas à produire des espaces spectaculaires. Je cherche à créer des lieux justes.

Un intérieur réussi n’est ni figé ni démonstratif. Il est cohérent, fluide, aligné avec les usages et les personnes qui l’habitent. Chaque projet est une rencontre entre un lieu, une histoire et un mode de vie. Mon rôle est de révéler cet équilibre.

La précision comme fondation

Concevoir un espace est un travail de précision. Chaque décision compte : les volumes, la lumière, les matériaux, les détails. Le détail n’est pas un luxe, il est ce qui rend un lieu cohérent et durable. Je ne recherche pas la perfection. Je recherche la justesse.

Une approche ancrée dans le réel

L’écologie n’est pas un argument, c’est une manière de concevoir. Je privilégie, lorsque cela est possible, des matériaux naturels et biosourcés, des bois massifs issus de filières responsables, des peintures minérales, des textiles durables, du mobilier d’artisans ou de réemploi.

Ancrée entre Bordeaux, le Médoc et le littoral Atlantique, j’intègre également des ressources issues du territoire, dans une logique à la fois contemporaine et responsable.

Un univers sensible, inspiré du vivant

Mon travail s’inscrit dans une esthétique sobre et incarnée, proche de l’esprit du Wabi-sabi. J’aime les espaces lumineux, texturés, apaisés. Des lieux où la matière respire, où la lumière structure l’émotion, où le temps peut laisser sa trace.

L’espace comme expérience

Mon parcours relie biologie, Ayurveda et arts plastiques. Cette transversalité nourrit une conviction simple : l’espace agit sur nous. Un lieu peut soutenir ou épuiser. Apaiser ou stimuler. Accueillir ou contraindre. Concevoir un espace, c’est donc aussi prendre soin. Créer un équilibre entre structure, matière et ressenti.

Cette démarche s’applique à l’ensemble de mes projets : habitats privés, lieux de soin et de bien-être, hôtellerie et restauration, projets immobiliers. Avec une exigence constante : cohérence, justesse et durabilité.

L’architecture du temps long

Il y a quelque chose que l’océan sait faire mieux que quiconque. Creuser, déposer, remodeler. Prendre du sable ici, le poser ailleurs. Effacer ce qui était en surface pour révéler ce qui dormait dessous. Les argiles anciennes qui réapparaissent sur l’estran après une tempête ne sont pas une destruction. Elles sont une mémoire mise à nu.

Les maisons anciennes fonctionnent de la même façon. Elles ont accumulé les époques comme une dune accumule les couches. Ce que beaucoup perçoivent comme un manque de cohérence est en réalité une richesse : la preuve que la maison a été habitée, transformée, aimée par des gens qui y ont laissé quelque chose d’eux-mêmes.

Sur ce type de bien, je commence par lire ces strates. Comprendre ce que la maison a accepté au fil du temps, et ce qu’elle a naturellement rejeté. Identifier ce qui mérite d’être révélé, et ce qui peut évoluer sans trahison.

Rénover dans le temps long, ce n’est pas choisir entre le passé et le présent. C’est trouver le geste qui les réconcilie.